Montreux Jazz Festival, le devoir d’éducation
Tous les mois d’avril c’est la même chose. L’expectative, l’effervescence autour d’une seule chose, l’annonce du programme du Montreux Jazz Festival. Les mails s’échauffent, les téléphones bourdonnent, c’est la course aux infos ! Cette année c’est une douche froide qui s’est abattue sur les amateurs de musique et de ce fabuleux festival…
J’aurai pu écrire cette note il y deux mois mais j’ai volontairement laissez passer un peu de temps. J’ai voulu revenir tout de même sur cette belle rive du Léman, tenter de retrouver ces sensations uniques ressenties dans ce temple de la musique qu’est le Miles Davis Hall. Après quasiment une semaine de festival, le constat est amer. Non seulement la programmation est fade mais l’ambiance n’est plus au rendez-vous, sans parler de cette température hivernale qui refroidit les quelques élans d’émotions.
Comment un festival reconnu dans le monde entier comme laboratoire des musiques actuelles a-t-il réussi à gâcher de la sorte sa 41ème édition ? Budget oblige, la fête a déjà du se limiter cette année principalement aux 2 salles du centre de convention. Le Miles Davis Hall qui était auparavant le lieu rassemblant les musiques avant-gardistes doit alors partager sa scène avec des artistes comme les Rita Mitsouko… Finie cette belle programmation pointue que nous avaient réservé les éditions précédentes. On se souvient entre autres de 2006 avec Sigur Rós, Narod Niki, Morrissey, The Strokes ou 2005 et Anthony & The Jonhsons, Kraftwerk. Cette année ni le rock, ni l’electro ne sont dignement représenté. Côté guitares, on ne comptera que deux groupes intéressants, Electrelane et The Good, The Bad and The Queen. Au niveau des musiques électroniques c’est encore plus décevant puisque le pauvre Laurent Garnier et ses amis de UR doivent porter tout le poids d’une programmation manquée (non, je ne compte pas Faithless dans cette catégorie…).
Un festival comme Montreux a le droit de céder aux sirènes du mainstream (Placebo, Norah Jones,…) pour assainir ses comptes mais comment expliquer cette année ces trop nombreuses erreurs proches du mauvais goûts (Seal, Jimmy Cliff, Pet Shop Boys,…) ? Montreux n’est pas n’importe quel festival ! Les amateurs de musique du monde entier respectent cette quinzaine pour tous les artistes prestigieux qui sont venus apporter leur magie. Montreux doit honorer cet héritage en continuant de faire découvrir de grands artistes au public. Ce n’est pas étonnant de voir cette majorité de concerts pour lesquels des places sont encore en vente le jour même. Montreux est en train de perdre son public d’amateurs. Les fans de jazz ne trouvent plus cette musique qui marque encore pourtant jusqu’au nom du festival. Les passionnés de sons actuels n’ont eux plus que le MDH Club pour retrouver des grands noms comme Luciano, Villalobos ou James Holden. Espérons simplement que le bilan de cette année fera prendre conscience aux organisateurs que rien n’est acquis et qu’ils sauront redresser le cap pour 2008. Il serait en effet dommage que le festival le plus pointu de Suisse romande soit maintenant le Paléo, dont nous saluerons d’ailleurs la belle programmation avec Arcade Fire, Arctic Monkeys, !!!, Björk. Quelle belle mission que de faire découvrir à des milliers de personnes des nouvelles émotions à l’écoute de ces groupes moins connus. En espérant que Claude Nobs quitte sa tour d’argent et passe du côté de Nyon fin juillet…




c'est quand même pas de la faute de Nobs si vous n'avez pas de goût? Auriez-vous oublié d'assister les concerts de Van Morrison? à la prestation de Beverly Knights? aux solos de Candy Dulfer? aux improvisations de Dr. John? à la prestations époustouflante de Abd al Malik. Que dire de Tori Amos, de Roger Hodgson.
Les concerts de Jimmy Cliff et Seal étaient très propres et permettent surtout d'attirer un public différent, le public qui remplira les scènes jazz et blues dans 10 ou 20 ans!
La seule chose pour laquelle je suis 100% d'accord avec vous, c'est la nullissime prestation des pet shop boys...
Rédigé par: albert | le 23 juillet 2007 à 11:57
J'ai critiqué le manque de risque de cette programation 2007. Vos artistes sont certes interessants mais l'avant-garde des dernières editions n'est plus là...
Mes deux coups de coeur du festival furent quand même : Lambchop et Keren Ann.
Mais oublions ce Montreux 2007. Tant mieux s'ils sont enfin dans les chiffres noirs, peut-être retomberont-ils egalement sur leurs pieds l'année prochaine, artistiquement ...
Tournons-nous maintenant vers l'avenir en ce premier jour de Paléo. Dommage que cette pluie (et cette boue !) vienne gacher le début de ce festival qui ose !
Rédigé par: jerome | le 24 juillet 2007 à 18:18